Pourquoi financer la recherche contre les cancers pédiatriques est essentiel ?
Les cancers pédiatriques, une famille de maladies rares chez l'enfant et l'adolescent
On parle souvent « du » cancer pédiatrique comme s'il s'agissait d'une seule maladie. En réalité, les cancers pédiatriques regroupent plus d'une centaine de types différents : leucémies, tumeurs cérébrales, neuroblastomes, sarcomes et bien d'autres, chacun avec sa biologie propre. Un enfant sur 425 environ développe un cancer avant l'âge de 15 ans² et parmi les cancers qui touchent les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, aucun ne se comporte tout à fait comme un autre.
Cette diversité complique énormément la recherche. Pour qu'un essai clinique ait du sens, il faut réunir un nombre suffisant d'enfants atteints du même type de cancer, ce qui devient un vrai défi quand une maladie touche seulement quelques dizaines d'enfants par an en France.
Un problème à la fois scientifique et économique
Voici un chiffre qui mérite d'être connu : en 2012, moins de 3% des financements publics alloués à la recherche sur le cancer concernaient les cancers pédiatriques³. Cette proportion vient toutefois de connaître une évolution notable : à partir de 2026, les ministères de la santé et de la recherche portent le budget public spécifiquement dédié à ces cancers à 20 millions d'euros par an, contre 5 millions depuis 2018⁴. C'est une avancée réelle, mais elle reste modeste au regard du budget global de la recherche française en cancérologie, très majoritairement consacré aux cancers de l'adulte.
Cette logique se retrouve aussi du côté de l'industrie pharmaceutique. Développer un médicament coûte cher, et un laboratoire cherche à rentabiliser cet investissement sur le marché le plus large possible. Ce raisonnement, purement économique, a une conséquence concrète sur la prise en charge des cancers pédiatriques : depuis 2009, sur 150 médicaments anticancéreux développés pour l'adulte, seuls 16 ont été autorisés pour une indication spécifique de cancer pédiatrique⁴.
Beaucoup d'enfants sont donc soignés avec des molécules conçues à l'origine pour des adultes, adaptées tant bien que mal en termes de dosage, sans que leurs effets à long terme sur un organisme en pleine croissance aient toujours été pleinement étudiés. Améliorer les soins en cancérologie pédiatrique suppose donc, en premier lieu, de financer une recherche spécifiquement dédiée aux enfants et aux adolescents.
Les progrès rendus possibles par la recherche en cancérologie
La recherche en cancérologie pédiatrique avance, portée par des découvertes qui n'existaient tout simplement pas il y a quinze ans. Le séquençage génétique des tumeurs, par exemple, a changé la façon dont on comprend certains cancers pédiatriques : en identifiant les profils moléculaires des cancers, les médecins peuvent parfois orienter un enfant vers un traitement ciblé plutôt que vers une chimiothérapie classique, plus lourde et moins précise pour un organisme encore en croissance.
Les thérapies cellulaires de type CAR-T, longtemps réservées à quelques cas très spécifiques, commencent également à ouvrir de nouvelles perspectives pour des jeunes patients en rechute, notamment dans certaines leucémies et certains lymphomes. Ces progrès n'ont pu voir le jour que grâce à des programmes de recherche financés sur la durée, portés par des acteurs associatifs autant que par des équipes hospitalières.
Un rappel s'impose ici : les tumeurs cérébrales restent la première cause de décès par cancer chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, ce qui donne une mesure de l'urgence qu'il y a à continuer de financer cette recherche, année après année.
Notre fondation, engagée aux côtés des familles et de la recherche
Face à ce constat, la Fondation Comyces pour l'Enfance agit sur plusieurs fronts. Nous avons mis en place un dispositif d'hébergement solidaire nommé Un Hôtel pour Mes Parents, pour que les familles puissent rester proches de leur enfant hospitalisé pendant les traitements, et nous travaillons aussi à faire évoluer les aides déjà existantes, en cherchant des solutions qui optimisent les dépenses des finances publiques tout en incitant les employeurs à s'engager davantage aux côtés de leurs salariés confrontés à la maladie d'un enfant.
Le soutien à la recherche fait tout autant partie de notre engagement. Aux côtés de l'Institut Curie, acteur de référence dans la prise en charge des cancers en France, nous finançons des programmes de recherche en cancérologie pédiatrique, avec un objectif simple : transformer les découvertes de laboratoire en traitements réellement accessibles aux jeunes patients. C'est précisément ce type de partenariat qui permet à des projets prometteurs de voir le jour, là où les financements publics et l'industrie pharmaceutique se désengagent trop souvent.
Pourquoi chaque don compte vraiment ?
Financer la recherche cancer pédiatrique, c'est permettre à un jeune chercheur de tester une hypothèse qu'aucun laboratoire pharmaceutique n'aurait financée. C'est donner à un enfant, quelque part, une chance supplémentaire d'accéder à un traitement mieux adapté à son cas. C'est aussi, à plus long terme, réduire les séquelles de traitements parfois très lourds, pour qu'un enfant qui guérit puisse grandir en bonne santé, et pas seulement survivre à sa maladie. C'est enfin soutenir tous les cancers rares de l'enfant, ceux pour lesquels aucun autre acteur ne financerait de programme dédié.
C'est cette conviction qui porte notre engagement, du soutien quotidien aux familles jusqu'au financement de la recherche en cancérologie aux côtés de l'Institut Curie : donner aux enfants malades les mêmes chances de guérison, et à leurs familles, un soin et un accompagnement à la hauteur de ce qu'elles traversent.
Vous aussi, vous pouvez participer, en faisant un don à la Fondation Comyces.
- Registre National des Cancers de l'Enfant
- Registre National des Cancers de l'Enfant « Les chiffres »
- Assemblée nationale, question écrite n°12741, « Financement de la recherche sur les cancers pédiatriques »
- Assemblée nationale, projet de loi de finances pour 2026, amendement n°II-AC183
- Assemblée nationale, proposition de loi relative à un fonds d'investissement pour les médicaments pédiatriques (Marie Recalde), 17e législature
